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L'art de la pêche à l'anguille (Marais Poitevin)

Il existe de nombreuses façons de pêcher les anguilles dans le marais.

On peut les attraper avec des cordelles dont les hameçons sont eschés d'oisillons de moineaux. 

On peut aussi les attirer avec des fagots de sarments dans lesquels elles se glissent : il faut alors remonter les fagots le plus vite possible avant le lever du soleil !

On peut les piéger dans des nasses en osier (appelées "bourgnes", bosselles" ou "bouroles") amorcées de limaces bien rouges.


Pour les plus doués, la pêche à la vermée reste malgré tout la préférée de toutes. Il s'agit de faire descendre un fil sur lequel on a enfilé des vers. Quand les anguilles s'y accrochent, on remonte le tout délicatement dans le bateau (ou dans un parapluie ouvert) !

Bonne pêche et bonne dégustation, il existe des dizaines de recettes à base d'anguilles !

Photos © Ch + AM  avril 2016 , reproduction interdite sans autorisation

Piates, palles et pigouilles...

Les "piates" sont les barques en bois du Marais Poitevin qui servaient autrefois pour le transport du bois, du foin et même des vaches ! Pour les faire avancer et les guider, on utilisait autrefois une "palle" (grosse rame en forme de pelle) ou une "pigouille" (longue perche munie de dents que l'on pique au fond du canal ou sur les bords).

Photos © Ch + AM  avril 2017 , reproduction interdite sans autorisation

Insolite : le "feu sur l'eau"



Les bateliers du marais poitevin sont capables de mettre le feu à l'eau ! Un spectacle unique et impressionnant. Voici comment ils opèrent :

 1. Avec la "pigouille" (longue perche), ils brassent la vase au fond de l'eau.

2. Le méthane, gaz issu de la décomposition lente des végétaux remonte à la surface en faisant des bulles. Il suffit de l'enflammer avec une bougie ou un briquet.

3. Des flammèches apparaissent alors à la surface de l'eau et peuvent courir le long de la "plate" (barque traditionnelle).

Photos © Ch + AM  avril 2017 , reproduction interdite sans autrisation

La Venise verte (2) : suite de la promenade

C'est à l'aube du Moyen Age que les moines bâtisseurs donnèrent au Marais poitevin un enjeu historique, économique et écologique. Véritable sanctuaire aquatique, le Marais mouillé s'étend sur 37 000 hectares. Une promenade en barque est l'occasion de découvrir quelques-uns de ces 600 kilomètres de voies navigables !

L'harmonie de l'eau et de la nature :


Après entretien, il ne reste que les "têtes" des frênes têtards (d'où leur nom). Ce sont les racines entremêlées qui assurent la solidité des berges. De plus, il s'agit d'un excellent bois de chauffage.


Petites cabanes et pontons qui permettaient d'aller d'un îlot à l'autre pour transporter hommes et bêtes : 


Comme à Venise, il y a un grand canal qui permet d'accéder aux fossés, conches ou rigoles :

Photos © Ch + AM  avril 2017 , reproduction interdite sans autrisation

La Venise verte (1) : départ de la promenade

Le "Marais mouillé" du Marais Poitevin (par opposition au "Marais desséché" plus à l'ouest) a été entièrement façonné par l'homme. Aujourd'hui, une dizaine de ports situés au cœur de villages traditionnels permettent la promenade au milieu de ce cadre enchanteur.

Embarcadère au pied de l'abbaye de Maillezais :


 L'abbaye vue depuis le Marais :  


 Un labyrinthe de chemins de verts dissimulés sous les frênes têtards et les peupliers :

 
A suivre...

Photos © Ch + AM  avril 2017 , reproduction interdite sans autrisation

Agrippa d'Aubigné et l'abbaye de Maillezais



Théodore Agrippa d’Aubigné est un homme de guerre, un écrivain  controversiste et un poète baroque du 16è siècle. Calviniste intransigeant, il soutient sans relâche le parti protestant, se mettant souvent en froid avec le roi Henri de Navarre qui pourtant le nomme « gouverneur de l'Isle et du chasteau de Maillezais » en janvier 1589 dans le contexte des guerres de Religion. 

Il transforme l'abbaye en véritable place forte avec remparts et tours pendant trente ans avant de se retirer en Suisse et se consacrer à l'écriture.


Pour l'anecdote : Françoise d'Aubigné, qui deviendra marquise de Maintenon, maîtresse puis épouse du roi de France Louis XIV, est la petite-fille d'Agrippa d'Aubigné. Elle est en effet la fille  de Constant, connu par ailleurs pour sa vie de débauche à Maillezais et pour l'assassinat d'un amant de sa femme.

 Photos © Ch + AM  , reproduction interdite sans autorisation

Rabelais et l'abbaye de Maillezais


Prêtre catholique, moine philosophe, médecin et écrivain, François Rabelais est un homme de la Renaissance.
Né dans les années 1490 non loin de Chinon il est envoyé jeune à l'abbaye de Seuilly, puis à Fontenay-le-Comte où il commence à étudier avec passion. Mais la règle des franciscains est trop stricte pour ce jeune homme chahuteur, paillard, indiscipliné et curieux de tout. Il rejoint Geoffroy d'Estissac, évêque de Maillezais et homme éclairé qui sera son protecteur. Rabelais sera son secrétaire durant cinq ans avant, dit-on,  de s'enfuir de l'abbaye.
Il quitte Maillezais pour Paris puis Lyon. Rabelais y étudie et publie des décrets de médecine, puis se plonge très vite dans la littérature. En 1532 sort "Pantagruel", suivi en 1534 par "Gargantua", s'inspirant notamment de ses années passées dans les couvents et abbayes de la région poitevine.
Appartenant au mouvement humaniste de la Renaissance, il passera une grande partie de sa vie à lutter en faveur de la tolérance, de la paix, militant pour un retour aux valeurs de l'Antiquité.


vue du "cachot de Rabelais" à Maillezais :

 Photos © Ch + AM  , reproduction interdite sans autorisation